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 -Yesterday- (pv. SETT)

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Andy Connor

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MessageSujet: -Yesterday- (pv. SETT)   Lun 14 Déc - 21:17

« Yesterday, all my troubles seemed so far awaaaay. »

Andy chantonnait sans grande conviction, shootait dans quelques cailloux, la tête dans les nuages. Le regard vague, elle eu un sourire nostalgique qu'elle seule aurait pu expliquer.

Il était 16h30, et la jeune femme avait terminé les cours de la journée. Le ciel était gris, menaçant, et son instinct lui prédisait un bel orage. Mais pas pour tout de suite, elle savait qu'elle aurait le temps d'une petite balade. Histoire de s'éclaircir les idées... Dernièrement, elle avait été plutôt solitaire. Elle le regrettait un peu, mais elle savait une chose : elle devait faire le point avec elle-même avant de confier quoique ce soit à April. A cette pensée, elle leva les yeux au ciel, et donna un coup de pied plus fort que les autres dans une branche. Ce qui lui fit échapper un cri de douleur avant que celle-ci ne s'évapore instantanément. Autre avantage de la mutation. Elle soupira, et un nuage de vapeur se forma devant sa bouche. La température n'était pas très élevée, en ce mois de novembre, cependant Andy était en débardeur. Sa veste en cuir pendait à la lanière de la besace qu'elle portait à l'épaule. Elle aurait bien mit un short, mais de peur que cela n'éveille les soupçon, elle avait opté pour le jeans qu'elle avait retroussé dès qu'elle s'était retrouvée seule, après les cours.

« Love was such an easy game to play. » Un moment de silence suivit cette phrase, et la chanson continua de tourner alors qu'Andy méditait sur ces mots.

« Et merde! » lâcha-t-elle, plus énervée contre elle-même et contre les sentiments qu'elle devrait bien, un jour ou l'autre, s'avouer, que contre quiconque d'autre.
Les yeux brillants, elle se refusait de pleurer.

« C'est d'un ridicule. »

Aurais-je oublier d'évoquer les tendances qu'a Andy de parler seule?...

Une larme, une seule, roula le long de sa joue, mais elle fut écrasée par la paume de sa main avant qu'elle n'atteigne la destination finale -à savoir le sol. Arrivée à la lisière d'une clairière, la jeune fille se laissa glisser, dos contre un arbre, et ferma les yeux.
Elle vida son esprit, concentrant tout son être sur la faune et la flore qui l'entourait. Chris et elle avaient discuté, dernièrement, d'une chose qui la tracassait : était-il possible d'être loup, de se sentir loup, sans pour autant muter? Andy était persuadée que oui, aussi elle s'y attelait dès qu'elle le pouvait.
Mais ce n'était pas le bon moment pour ça.

Le portable d'Andy, dans la poche de sa veste, se mit à sonner. Elle n'ouvrit pas les yeux immédiatement, soupira de nouveau, et se décida enfin à le sortir. Après tout, c'était peut-être April.

« Appel entrant, Maman. Quelle surprise. Allez, lâche-moi la grappe. » Et elle raccrocha.

S'il y avait une chose qu'Andy ne supportait pas, c'était l'obsession qu'avait sa mère de savoir où elle était. Certes, elle était encore jeune, mais ce n'est pas comme si elle ne pouvait pas de défendre ! Et puis, elle était persuadée qu'elle faisait ça plus pour l'emmerder que parce qu'elle s'en inquiétait réellement.

Elle lança le mobile dans son sac, et en extirpa un cahier relié de cuir noir, ainsi qu'un stylo. Elle l'ouvrit sur ses genoux, et examina un instant le dernier dessin, ou plutôt le dernier gribouillage, qu'elle avait fait. Une silhouette, de dos, debout sur un ponton de bois, face à un lac. Le lac d'Hopewell, en fait. Et sa silhouette à elle, pour être plus exact. Un mot accompagné le tout ; ALONE.

Elle tourna la page. Et se pencha pour récupérer son téléphone.
Avec une dextérité hallucinante, elle tapa son message et choisit un destinataire. Puis elle revint sur le SMS lui-même. ''Dis, Ap', tu crois qu'on peut aimer plusieurs personnes à la fois ?'' Elle le relut à plusieurs reprises, avant d'annuler l'envoi.

« C'est débile. Puis elle comprendra pas. Et j'suis même pas en mesure de lui expliquer moi-même. »

Elle entama un nouveau dessin, plus élaboré que le précédent, alors que la luminosité faiblissait. Sa mère rappela une dizaine de fois, sans qu'elle ne daigne répondre. Sa nouvelle option ''vision nocturne'' lui permettait de voir comme en plein jour, et elle s'en réjouissait.

Lorsqu'elle eut terminé, elle observa son oeuvre. Deux lettres, visiblement des C, s'entremêlait au sommet du croquis. Elle n'en était pas plus fière que ça, mais ça avait de la gueule. Et rien ne la détendait plus que le dessin, avec de la musique dans les oreilles. Sauf peut-être l'écriture. Elle se concentra un instant, en mordillant son crayon. Quels mots placer sur de telles émotions...
Finalement, elle se pencha, et griffonna :

« Confusion, doutes, et angoisse. Ne sont-ce pas là les bases de l'amour ? »

Quiquonque aurait ouvert ce cahier... Serait mort, en fait. Andy le voit comme une sorte de journal intime, et gare à celui qui l'approche de trop près. Mais mettons que quelqu'un voit le dessin, par hasard. Deux têtes de loups, se faisant face, crocs à l'air. L'un touffu, et l'autre plus élancé, sûrement plus jeunes. Une quelconque personne, donc, aurait admiré la qualité du trait. Mais quelqu'un de mieux informé aurait ici reconnu Chris et Chad. Les deux C.


Dernière édition par Andy Connor le Sam 26 Déc - 18:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: -Yesterday- (pv. SETT)   Jeu 24 Déc - 15:07

Couché dans l’herbe, les yeux se perdant dans le ciel gris menaçant, Sett réfléchissait. Oui, cela pouvait bien sembler totalement fou, improbable, mais c’était la vérité. Dans sa tête, des tas de pensées voyageaient : certaines étaient sans importance, d’autres relevaient d’un peu plus de gravité, mais chacune était traitée avec la même indifférence. Le vampire ne parvenait plus à vraiment se concentrer sur autre chose que les événements qui s’étaient produits ces derniers jours. En plus, il y avait cette fille… qu’il ne parvenait plus à chasser de son esprit. Il regardait le soleil et pensait alors à ses yeux brillants… Il regardait alors les arbres et se rappelait de ses cheveux d’une couleur brune aussi riche que leur écorce… Complètement désespéré, il avait fini par se coucher avec la ferme intention de ne même plus songer à elle. Plus facile à décider qu’à faire…

Il joua de ses doigts dans les jeunes pousses, caressant avec une extrême douceur les fleurs. Il ne se le permettait que parce qu’il savait être seul. Cette douceur… cette faiblesse, il ne voulait la montrer à personne d’autre. Il n’osait imaginer ce que dirait Aaron en le voyant faire preuve d’une telle sensibilité. D’abord, il se foutrait de sa gueule. Mais dans un cas pareil, Sett ferait la même chose. Ensuite, il déblatérerait tout un chapitre sur le fait que l’empathie n’a pas de place dans la vie d’un vampire et que cela ne pouvait que le blesser. Enfin, il le dirait moins gentiment évidemment, en ajoutant peut-être deux ou trois fois les mots « mauviette », « cœur d’artichaut » et autres surnoms tout aussi peu flatteurs les uns que les autres. Son ami savait faire preuve de beaucoup d’imagination dans le domaine… Et alors Sett rigolerait en disant qu’il racontait une blague et qu’il ne fallait pas le prendre au sérieux. Le problème serait alors toujours bien présent, mais encore plus entouré de secret. Non franchement, montrer ce côté de sa personnalité ne pouvait que le desservir. Et puis ce n’était pas comme si il avait envie d’adopter un lapin et de commencer à s’habiller avec des froufrous.

Quand il en eut marre de cet état végétatif, Sett se releva, épousseta ses affaires pour y enlever les brins d’herbe qui s’y étaient accrochés et quitta la clairière pour errer dans la forêt. Bouger lui fit du bien. Il s’appliqua à marcher lentement, décomposant dans son esprit le mouvement de sa jambe, le changement de position de son centre de gravité, les muscles qui se plient, ceux qui se tendent… Cela lui procura une intense sérénité. C’était pourtant très rare que Sett soit dans cet état. Depuis tout petit, il a toujours été quelqu’un d’hyperactif, incapable de rester en place pour se calmer et se détendre. Et puis, il y a quelques années, il avait découvert cette méthode infaillible qui lui permettait de combiner son hyperactivité à une tranquillité, certes relative, mais bénéfique. Évidemment, cela ne l’empêchait pas de regarder où il marchait, ne serait-ce que pour éviter de salir ses chaussures en marchant dans les défections d’un cerf…

Aujourd’hui, il avait opté pour une tenue plus cool. Sett portait un simple tee-shirt –avec l’inscription quelque peu cynique « Donneur de sang »-, un jean et des baskets. Néanmoins, il n’aurait jamais permis que quelqu’un le voie ainsi. Après tout, quand on regardait Aaron et Anna, on avait toujours l’impression d’être dans un défilé de mode. Ces deux-là étaient même encore plus beaux que n’importe quel mannequin de haut standing. Sett faisait de même en leur compagnie, mais il avait besoin de ces petits moments rien qu’à lui pour oublier toute cette pression et faire le vide. C’était un peu l’équivalent de ses journées de congé, quand il était humain, où il traînait toute la journée en pyjama et n’en foutait pas une de la journée, allongé sur son divan devant la télé. Et bien c’était la même chose, sauf qu’il n’avait pas de pyjama vu que celui-ci lui était devenu totalement inutile à présent.

La nuit commençait tout doucement à montrer le bout de son nez. Sett avait marché durant des heures sans s’en rendre compte. Qu’est-ce que le temps passait vite ! M’enfin ! Il avait l’éternité pour continuer à faire des trucs qui ne servent à rien. Le vampire songea à bientôt aller se trouver un endroit ù se poser pour la nuit, peut-être dans un arbre ou alors près du lac… Il se passa la main dans les cheveux, répétant son tic, quand il se figea de surprise. Plus là… Elle n’était plus là ! L’homme ramena sa main devant ses yeux et il poussa un gémissement en constatant l’absence d’un des objets auquel il tenait le plus en ce monde : sa bague. Sa précieuse bague ! Merde ! Où elle pouvait bien être ?! Il avait passé toute la journée dans la forêt, il pouvait bien l’avoir perdue n’importe où ! Sett crut avoir une crise d’angoisse. Tout ça c’était psychologie, il le savait, mais il avait tout de même l’impression que sa respiration s’accélérait et que son cœur (bien que mort et enterré) battait à toute allure. Tania allait le tuer !

Il éclata d’un rire hystérique. Tania ?! Mais elle était morte, crétin ! Pourquoi s’occuper de l’opinion d’une morte ? À peine cette pensée formulée qu’il s’excusa aussitôt. Non, ce n’était pas n’importe qui… Il n’allait pas devenir un monstre sans cœur, juste parce que c’était l’opinion qu’avaient les gens sur les vampires carnivores. Cette bague, il y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Et s’il ne voulait pas s’en vouloir à vie, il devait la chercher tout de suite. Sett se retrouva alors à faire tout le chemin inverse qu’il avait effectué jusqu’ici, tout en scrutant avec anxiété le sol à le recherche de l’éclat brillant. Rapidement, il revint vers la clairière, mais fut stoppé à une certaine distance… par une certaine odeur assez désagréable. Sett resta un instant sur place, fronçant le nez, indécis. Devait-il vraiment aller là-bas ? Non, parce que si la bague n’y était pas… Enfin, il n’avait pas envie de mourir asphyxié ! Finalement, il se fit violence et s’approcha de la clairière pour finalement voir une jeune fille.

Elle était assise contre un arbre, un cahier sur les genoux. Ses longs cheveux blonds raides tombaient en cascade autour de son visage. Sa peau cuivrée lui conférait un air exotique qui s’alliait parfaitement à ses yeux brillants que Sett ne faisait que deviner. Elle était plutôt pas mal, mais maintenant que le vampire l’avait dans son champ de vision, il constatait que c’était bien d’elle que venait l’odeur. C’est pourquoi, avant même de faire autre chose, alors qu’il venait d’apparaître, comme ça, au milieu du sentier, il dit avec son habituelle brusquerie :


« Tu pues le chien. »

Hmm… Il avait encore beaucoup de choses à apprendre sur la psychologie féminine décidément… Et sa bouche se plia en air un air moqueur, renforcé par son nez retroussé en une grimace qui confirmait sa dernière déclaration. Vrai, elle sentait le chien. Et le chien mouillé en plus. Mais alors, Sett ne fit plus du tout attention à elle et commença à marcher dans la clairière, les yeux fixés sur le sol à la recherche d’une des dernières preuves qu’il existe encore une once d’humanité en lui. Tout à fait inconscient de l’être en présence duquel il était, il ignora totalement les dangers. Et si danger il y avait, cela n’aurait rien changé, après tout Sett ne cherchait-il pas un moyen de mourir ? La solution à son problème pouvait bien être à côté de lui aujourd’hui.

Soudain, il fixa la jeune fille de ses prunelles rouges sanguines. Il l’avait vue, elle était juste là. Sett n’osa pas descendre le regard vers les pieds de celle-ci, de peur qu’elle remarque l’argent finement ciselé qui y reposait. Sett tenta alors une approche pour détourner son attention.


« Tu devrais pas rentrer chez toi ? Il commence à se faire tard, la forêt n’est pas sûre… »

Étonnamment, il n’avait pas du tout envie de boire le sang de cette fille. La puanteur qui émanait d’elle aidait beaucoup à vrai dire… C’est pourquoi que c’est sans mauvaises intentions qu’il s’approcha d’elle, avec pour unique objectif la bague qui siégeait à ses pieds. Encore quelques mètres et il pourrait la prendre… Juste quelques mètres…

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MessageSujet: Re: -Yesterday- (pv. SETT)   Jeu 24 Déc - 20:08


    Une goutte d'eau tomba sur son nez. Elle leva les yeux en direction de la cime des arbres et du ciel. La pluie ne devrait plus tarder, maintenant.
    Elle ferma les yeux un long moment, et huma l'air frais de la forêt, l'odeur des sapins. Une profonde sérénité l'envahissait. Jusqu'au moment où une odeur nauséabonde remplaça celle des sous-bois. Une odeur putride, qui, si elle ne lui était pas devenu si familière, lui aurait donné un haut-le-coeur. Elle n'ouvrit pas les yeux de suite. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale. Oui, elle connaissait cette odeur. Et même sans ouvrir les paupières, elle identifia son propriétaire. Quelques vampires sauvages -du moins, qui ne se cachaient pas de l'être- trainaient dans les alentours, depuis quelques temps. Il était l'un d'entre eux. La semaine précédente, Andy et le reste de la meute l'avaient poursuivi à travers tout un état. Mais il leur avait échappé. La jeune femme avait murit. Plusieurs mois plus tôt, si elle s'était retrouvé dans la même situation, elle aurait sans doute immédiatement perdu son sang froid -expression un brin ironique, d'après elle- et se serait transformée en loup, afin de l'attaquer. Mais elle n'en était plus là. Aujourd'hui, elle n'esquissa pas le moindre geste. Elle ouvrit doucement les yeux, et afficha un sourire narquois du coin de ses lèvres, alors que le vampire faisait ses premiers pas dans la clairière.

    « Tu pues le chien. »

    Andy éclata d'un rire cristallin, qui brisa la quiétude de l'endroit, et fit s'envoller deux ou trois perdrix. Elle le fixa, sans sourciller. Inconsciente? Sans doute un peu, mais il ne l'effrayait pas. Il était plus grand qu'elle, certes, et avait l'avantage de la musculature masculine, le tout associé à ses multiples dons de buveur de sang. Mais elle se savait puissante. Et déterminée. Un éclat malsain brilla dans ses yeux, toujours rivés sur Lui.
    Il aurait pu être beau si ses yeux avaient une couleur plus... Humaine. Et si il sentait moins fort.

    « J'aurais pu être vexée, si la remarque ne venait pas de quelqu'un dont l'odeur me donne la nausée. »

    Elle continuait de le toiser. Elle ne cherchait même pas à l'énerver, c'était sa façon à elle de saluer ses ennemis.

    « Et puis d'abord, je croyais que les buveurs de sang avaient au moins la politesse et la courtoisie. C'est avec vos bonnes manières que vous attirez vos proies, non?... Il faut croire que même ça, ce n'est pas pour vous. » Elle marqua une pause, puis, avec une voix faussement compatissante, elle reprit : « Mon pauvre, ta vie doit être vraiment dure. »

    Il affichait le même sourire moqueur qu'elle, et cela l'amusait. Le vampire entreprit de faire le tour de la clairière. A la recherche de quelque chose, peut-être? Elle ne bougea pas, ne prit même pas la peine de refermer son cahier.
    Elle l'observait. Il n'était pas là pour la tuer. Il aurait déjà attaqué. Analysant chacun de ses mouvements, elle se figea lorsqu'il s'approcha d'elle.

    « Arrête. Un pas de plus, et je te découpe la tête. Oh, et garde les menaces implicites pour toi, tu ne me fais pas peur. » lâcha-t-elle, sur le même ton que si ils discutaient météo. Peu importe ce que valaient ces quelques mots, il se stoppa.

    « Qu'est-ce que tu me veux? Je suis loin d'être idiote. Tu as faim, je le vois dans tes yeux. Mais tu ne me tueras pas. Alors qu'est-ce que tu cherches, ici? »

    Comme pour approuver les propos du Sang-Froid sur le fait qu'il se faisait tard, le portable d'Andy sonna une fois de plus. Le regard toujours fixé sur celui qu'elle voyait comme un potentiel danger, ou à défaut, comme un opposant, elle le colla à son oreille.

    « Quoi ?... Oui, je rentre, oui... Non, là je suis occupée, maman... J'ai pas le temps de te parler, je suis avec un.. Un viel ami. Je serai à la maison pour manger. A tout à l'heure. »

    Indifférente à la voix de sa mère qui s'égosillait dans le combiné, elle raccrocha. Une fois de plus, elle s'était montrée imprudente. ''Un viel ami''. Sa mère ne se douterait pas même un instant du danger auquel s'exposait sa fille au moment même.
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MessageSujet: Re: -Yesterday- (pv. SETT)   Ven 25 Déc - 0:53

Elle releva son visage, le regarda… Maintenant qu’il la voyait… Elle lui disait quelque chose. Il ne savait pas si c’était ses yeux si froids posés sur lui ou bien sa façon si narquoise de lui sourire. Oui, définitivement, elle lui rappelait quelqu’un. Ou plutôt quelque chose… Mais c’est quand elle éclata de rire que la mémoire lui revint. Hé merde. Il était tombé sur l’un des clébards du coin. Mais si ! Vous voyez : les grosses bêtes de plusieurs mètres de haut et de long qui aiment tout particulièrement courir après ceux qui ont la peau blafarde et les yeux rouges… Tout de suite c’est plus facile, hein ? D’ailleurs, juste la semaine dernière Sett avait joué au loup –c’est le cas de le dire xD- avec eux… Sauf qu’il était le seul à devoir se faire attraper… et que s’il s’était fait attraper, sa survie ne faisait pas partie des règles du jeu.

En fait, Sett n’avait pas dit cette remarque dans le but d’être méchant. Enfin, il y avait peut-être un souhait de la voir décamper qui se cachait quelque part, mais c’était en grande partie plutôt par simple constat. S’il avait vraiment voulu être désagréable, il lui aurait juste dit qu’elle puait. Ça aurait été à elle de déterminer quelle était la cause de sa puanteur et le sourire moqueur qu’il aurait alors affiché aurait été le plus insupportable des indices. S’il avait eu un brin de conscience, Sett aurait compris sa situation, aurait tout fait pour ne pas énerver le clebs et se serait enfui sans demander son reste… Mais c’était Sett. Donc il avait commencé par délibérément la provoquer. Simple Inconscience ou acte suicidaire intentionnel ?

Quand elle lui rendait la pareille de sa remarque, le vampire ne put s’empêcher de répondre par un sourire vaguement amusé. Pas mal la répartie… C’était agréable cette sensation de voir son coup renvoyé avec une telle verve. Assez rafraîchissant, même. Le vampire rencontrait rarement des gens qui avaient assez de bagou pour lui tenir tête. Certains y arrivaient pendant quelques temps, puis ils abandonnaient ou alors en venaient aux mains. Heureusement que les blessures s’estompent vite sur la peau des vampires, sinon l’homme ici présent aurait une belle collection d’ecchymoses, croyez-moi… Ou bien on aurait déjà retrouvé son cadavre dans un fossé.

Il s’esclaffa joyeusement. Politesse ?! Courtoisie ?! Non mais qu’est-ce qu’elle croyait ? Des conneries, ça c’est sûr. Vous avez déjà vu Sett ? Vous trouvez qu’il a la tête de quelqu’un qui attire ses victimes avec une attitude de gentleman ? Déjà, il fallait qu’il attire une proie… À la base, l’hypothèse était viciée. Sett ne se nourrissait jamais sciemment. Il poussait sa soif jusqu’à sa dernière limite et puis alors il sombrait dans un état d’inconscience duquel il ne se réveillait généralement qu’au moment où les premières gouttes de sang coulaient dans son œsophage… Et alors il regardait ses mains tâchées de sang… et les léchait, comme le monstre qu’il était devenu. Le vampire ne montra rien de ses sombres pensées à la jeune fille, se contentant d’une réponse dite sur un ton des plus ironiques :


« Et moi que les clebs ne faisaient qu’aboyer… À chacun ses fantasmes. »

Elle aussi s’amusait. Cela se voyait par la lueur mutine dansant dans ses yeux. Mais Sett n’avait pas le temps de jouer avec elle. Il voulait sa bague. Par ses paroles, il ne voulait pas la menacer… Enfin… peut-être un peu. Mais ce n’était pas du tout son intention première, sinon il lui aurait sauté dessus sans même lui adresser la parole. Mais à son approche, elle le menaça ouvertement. Aïe, aïe, aïe,… ça allait se révéler plus difficile que prévu. Mais pourquoi ça ne pouvait jamais être simple une fois que cela le concernait ? Tout le monde entier était-il contre lui ?! Il ne lui voulait rien à elle. Il voulait juste récupérer le signe d’une promesse qui l’unissait à la femme qu’il avait aimé… et qu’il aimait toujours.

Sett esquissa une nouvelle moue sarcastique. Alors comme ça elle voulait savoir ? Elle lui posait beaucoup de questions, mais voulait-elle vraiment y trouver des réponses ? Sett fouilla la poche de son jean pendant que la louve faisait son petit monologue et en sortit son paquet de cigarettes. Avec un petit coup expert, il en sortit une qu’il porta à sa bouche. Après avoir rangé le paquet, il l’alluma avec son briquet et souffla la première bouffée. Mais pour une fois, il lâcha la fumée dans une autre direction que vers le visage de la jeune fille, comme il avait pourtant l’habitude de le faire. La raison était simple : il savait qu’il puait infiniment plus que la fumée au nez si sensible du clébard. Alors pas besoin de gâcher cet avantage.


« J’ai toujours faim. Mais je n’ai pas envie de m’intoxiquer avec ton sang de cabot… »

Soudain, un téléphone sonna. La fille ne le quitta pas des yeux, ce qui le fit sourire. Il leva les deux mains, bien en évidence, se moquant ouvertement d’elle. Pas besoin de l’assassiner du regard, Sett ne bougerait pas. Enfin, pas tout de suite… La conversation fut brève, laconique et assez caustique. Sett haussa un sourcil amusé à sa nouvelle étiquette. La fille avait dit deux mensonges dans la conversation : le premier, qu’il était un vieil ami… à moins qu’elle ne considère le dernier vampire derrière lequel elle a couru comme un ami et une semaine comme une longue période dans le temps… et le deuxième… qu’elle rentrerait à la maison pour manger. On pouvait dire qu’elle avait du cran cette petite. Une fois qu’elle eût raccroché, Sett relança la conversation en terminant de répondre aux dernières paroles de la fille.

« N’est-ce pas plutôt moi qui devrais te poser la question, chienchien ? Qu’es-tu donc, toi, venue chercher ici ? Veux-tu une réponse à ta question ? Veux-tu vraiment savoir lequel vas-tu choisir entre les deux ? »

Oh le méchant ! Sett avait usé de son don et avait lu en la fille comme dans un livre ouvert. Cette relation compliquée… C’était un véritable régal. Un fin sourire pernicieux s’étala sur ses lèvres où reposait sa barre de nicotine. Qu’il aimait s’immiscer dans la vie privée des gens ainsi… C’était vraiment trop bon. En plus, il sentait qu’il prendrait beaucoup de plaisir à tourmenter sa nouvelle victime…

« Après tout, l’un est très protecteur, tu te sens en sécurité avec lui…, mais tu t’entends comme cochons avec l’autre et vous êtes très proches… J’imagine que le choix doit être difficile… »

Comment il crânait, l’autre ! Mais alors qu’il taquinait/torturait l’air de rien la louve, il s’était de nouveau approché, son objectif de plus e plus proche. Mais il commit l’erreur de baisser les yeux pour repérer de nouveau où se trouvait la bague. Quand il s’en rendit compte, il releva les yeux précipitamment et cacha sa confusion derrière un mouvement lâche de la main qui tenait sa cigarette. Il espéra un moment qu’elle n’ait pas remarqué son petit manège. Et que pour une fois cet enfoiré qui siégeait sur sa saloperie de nuage et qui rigolait en le regardant se débattre dans tous les malheurs qui lui tombaient sur la gueule depuis le début de son existence, cet être-là… éprouve un peu de pitié et l’épargne… Sa prière serait-elle entendue pour une fois ?

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MessageSujet: Re: -Yesterday- (pv. SETT)   Ven 25 Déc - 23:24


    « Pitié, le monstre. Je qualifierais plus ça de cauchemard que de fantasme. »


    Son regard était encore et toujours posé sur Lui. Ce n'était pas de la peur, ni un quelconque défi qu'on y lisait. Simplement de la froideur, du dégout et de la haine. La première chose qu'elle avait apprise suite à sa transformation, avait été de ne jamais quitter des yeux une sangsue de son genre. Les plus sauvages étaient les plus vicieux. Aussi, elle gardait tous ses sens en éveil, se préparant à voir surgir d'un des arbres, ou même de derrière elle, l'un de ses répugnants compagnons de route. Après tout, ils se disaient indépendants et solitaires, mais se regroupaient naturellement en petites meutes de trois ou quatre membres.

    Ses questions étaient courtes et précises. Curiosité mal placée? Sans doute, mais aussi un réel intérêt. Toute information sur l'ennemi était bonne à prendre. Comme par exemple... Le tabagisme. Le fait que les vampires goutaient aux joies de la nicotine la troubla, bien qu'elle ne laissa rien. Elle leva les yeux au ciel, et s'empêcha de toucher au paquet de cigarettes qui se trouvait quelque part au milieu de ses affaires, dans sa besace. Non seulement elle s'était promis de fumer moins, mais en plus, elle se voyait mal demander du feu à l'autre grand benêt.

    Sa remarque la fit ciller. Ainsi, il avait sans arrêt faim? Elle s'interrogea un instant sur la signification de ses propos. D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, on lui avait toujours rapporté qu'une fois repus de sang humain, les vampires n'avaient plus soif pour quelques jours, voire une à deux semaines, si ils étaient puissants. Et Sett n'était définitivement pas un végétarien, la couleur de ses pupilles ne laissait aucun doute là dessus. Aussi, sa faim n'était pas insatiable. Signifiait-il qu'il suivait lui aussi, une sorte de régime restrictif? Andy était beaucoup plus maligne qu'elle ne le laissait voir, et ses quelques mots d'apparence anodine venaient de lui donner de quoi réfléchir dans la soirée.

    Elle ignora le comportement puéril du vampire au cours de sa conversation téléphonique avec sa mère, mais apprécia qu'il ne s'en mêle pas. Il n'était peut-être pas si bête, après tout. Cependant, il avait beau se moquer, elle ne baisserait pas sa guarde pour autant.

    « N’est-ce pas plutôt moi qui devrais te poser la question, chienchien ? Qu’es-tu donc, toi, venue chercher ici ? »

    Se devait-elle de répondre? Elle n'avait pas à se justifier devant lui, mais elle n'aurait manqué pour rien au monde une occasion de le vanner. Ou de vanner n'importe qui d'autre, d'ailleurs.

    « Pour être honnête, Dracula, je cherchais un peu de tranquilité. Mais avec toi et ta bande de buveurs de sang, ça commence à être difficile à trouver, dernièrement. »

    Elle accompagna sa remarque d'un sourire ironique... Qui ne tarda pas à s'effacer, suite à sa tirade.

    « Veux-tu une réponse à ta question ? Veux-tu vraiment savoir lequel vas-tu choisir entre les deux ? Après tout, l’un est très protecteur, tu te sens en sécurité avec lui…, mais tu t’entends comme cochons avec l’autre et vous êtes très proches… J’imagine que le choix doit être difficile… »

    La jeune femme referma son cahier d'un mouvement sec. Elle le posa sur son sac et se releva avec une lenteur calculée, afin de faire face à son horripilant adversaire. Doucement, mais avec une grâce incomparable, elle se retrouva debout. Malgré le fait qu'elle soit fine et élancée, il la dépassait toujours d'une tête.
    Elle boullonait intérieurement, et si elle n'avait pas eu un excellent contrôle d'elle-même, elle l'aurait sans doute giflé, ou lui aurait craché au visage.
    Ce n'est qu'alors qu'elle réalisa qu'il s'était imperceptiblement rapproché d'elle. Un grognement, qui n'avait rien d'humain, monta du plus profond de ses cordes vocales.
    Au même moment, le vampire parut troublé. Si elle n'avait pas eu l'habitude d'étudier ses proches et leur attitude, elle n'aurait sans doute rien vu. Mais malheureusement pour Sett, ce n'était pas le cas.

    A la vue de son visage angélique crispé dans un rictus haineux, personne n'aurait pu deviner ce qui se tramait dans la petite tête de la jeune fille. Elle repassa dans son esprit les secondes qui venaient de s'écouler... Il sourit, fier de sa mesquinerie. Il baisse les yeux. Il relève la tête, et aspire une bouffée de tabac... Sourire, regard, cigarette. Elle comprit presque instantanément et son regard fouilla le petit lopin de terre qui les séparait. Pas plus de cinq mètres. Un sourire ravi éclaira son visage, laissant apparaître ses petites fossettes. Elle se baissa à nouveau, et attrapa délicatement la bague, qui était sans aucun doute l'objet du trouble du vampire. Ce qu'il cherchait en arrivant. Elle se releva, et la fit jouer entre ses doigts fins. Sett suivait le manège des yeux, et elle s'en délectait.

    « Ne fais pas trop le malin, chéri. Je n'ai pas besoin de psychanalyse. »

    Rien de romantique dans ce sobriquet. Andy ne connaissait pas son prénom, et à vrai dire, elle s'en contre-fichait. De plus, elle adorait utilisait cette expression -supposée amoureuse- ironiquement.
    Plus provocante que jamais, elle enfila avec délicatesse la bague, et fit jouer la lumière dessus, en mouvant sa main devant ses yeux. Elle était plutôt jolie, sobre, visiblement en argent. Andy avait déjà vu ce genre de bijoux dans les magasins ; ils se vendaient par paire, pour les couples. Elle trouvait ça ridiculement ridicule.

    « Une alliance, peut-être? La promesse d'un amour éternel, et blablabla? Attends, laisse-moi deviner. Elle devait être très mignonne. Une humaine, je suppose. Et puis... Pouf. Tu l'as perdue. Dis-moi, c'était avant ou après que tu deviennes le monstre que tu es maintenant? »

    Elle n'avait aucunement l'intention de lui voler la bague. Elle n'en avait absolument rien à faire. C'était simplement jubilatoire de le voir ainsi, tiraillé. La jeune louve devinait sans mal ce qui lui trotait sans la tête : devait-il la tuer de suite, parlementer,.. ?
    Aaaah, douce vengeance. Car elle n'était pas mauvaise dans le rôle de la psy, elle non plus. Malgré cela, elle ignorait à quel point elle touchait juste, à quel point elle titillait dans le savoir la corde sensible de Sett, celle qui pourrait le plus -parmis toutes les autres- la mettre en danger. Mais elle ignorait également comment le Sang-Froid avait pu déduire avec autant d'exactitude ses sentiments d'un simple croquis. Elle se promit d'élucider le mystère au plus vite..

    Mais.. détrompez-vous. Andy était loin d'être une méchante fille, une peste, une garce. Elle haïssait juste Sett. Ou du moins, tout ce qu'il représente. C'est-à-dire le genre de bête qui a assassiné son grand-père, et qui mettait en péril la vie paisible des indiens de sa réserve.



Dernière édition par Andy Connor le Sam 26 Déc - 18:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: -Yesterday- (pv. SETT)   Sam 26 Déc - 16:58

Cauchemar ? Bénédiction plutôt ! Ah ! Si elle avait pu la fermer juste une minute et le laisser tranquillement l’approcher pour récupérer la bague… Mais non ! Ça aurait été bien trop facile, hein ?! Où aurait été tout le plaisir, sinon ? Sett n’aurait eu qu’à se la ramener, ignorer superbement la jeune fille (ça, il ne s’en serait pas privé), se baisser pour la ramasser et se casser. Vite faite fait, bien fait et il n’y aurait eu personne qui se serait senti lésé dans cette affaire. Mais voilà. Les fantasmes restaient bien trop souvent de simples élucubrations de son esprit. Malheureusement pour lui. Heureusement pour les autres…

Quel était donc ce regard ? C’était étrange. Il avait l’impression d’avoir déjà vu ces prunelles si détachées, si… coléreuses, si acharnées à vouloir détester qu’elles lançaient des éclairs d’aversion pure et qu’elles toisaient avec un dégoût incomparable… Ce regard… Il fit frissonner Sett, mais lui-même ne sut si c’était d’excitation ou de peur. Peut-être un peu des deux. Peut-être aucun. Soudain, la mémoire lui revint. Mais oui… Il savait où il l’avait déjà vu… C’était dans son propre reflet.

Il eut un sourire goguenard quand elle disait vouloir rechercher la tranquillité. Si elle avait su à quel point sa dernière remarque avait fait plaisir au vampire, elle se serait certainement abstenue de la sortir. La même joie malsaine qui l’habitait à chaque fois qu’on lui disait qu’il emmerdait son monde refit surface et provoqua de délicieuses petites décharges dans son plexus solaire. Ça devait être interdit de se réjouir pour de telles choses… Mais il valait mieux que Sett se contente de cette activité, imaginez un seul instant qu’il ait préféré voler des petites culottes pour les renifler… Combien de magasins de lingerie auraient survécu à son passage ? Sett aurait été à l’origine du crash boursier dans le secteur des dessous féminins…

Son sourire disparut sous l’assaut vocal de Sett. Apparemment, il avait touché juste. C’était trop facile avec ces adolescentes bourrées d’hormones. Elles avaient toujours une peine de cœur, facilement exploitable, surtout à cette période de leur vie où leur balance émotionnelle ne cessait de faire des siennes… Il ne sursauta pas quand elle ferma le cahier, s’attendant à une réaction dans le genre, c’est donc assez narquoisement qu’il la toisait, attendant de voir ce qui allait arriver. En attendant, il ne manquait pas de discrètement s’approcher de son but, toujours avec l’air aussi peu concerné et innocent –si c’était encore possible que l’innocence ait l’air crédible sur son visage. Il constata avec un plaisir croissant que la fureur habitait la jeune fille qui hésitait entre le décapiter sur place ou le faire souffrir de longues heures durant… À vrai dire, Sett la laisserait faire ce qu’elle voulait, du moment qu’il y aurait une issue fatale à la fin. Le vampire gardait toujours son objectif en tête et savait que les clébards seraient à même de lui apporter leur aide… De bon gré ou de mal gré. C’est pourquoi il répondit au grognement sourd de la louve par un regard méprisant. Oui, il allait la foutre en rogne pour qu’elle appelle ses petits copains… Et ainsi, il mourrait enfin. Entretemps, il aura récupéré sa bague et avec, l’âme de tous ceux qui l’aimaient et qu’il aimait… Enfin, il pourrait quitter en paix cette existence impie qu’était la sienne….

À la vue du sourire démoniaque qui apparut sur le visage de la jeune fille, il se crispa nettement. Dans sa tête, ça hurlait « non, pas ça ! », et d’autres onomatopées de pure panique, mais à l’extérieur, seul sa mâchoire serrée témoignait de sa détresse intérieure. Oui, elle avait baissé le regard. Merde, Sett ! Pourquoi avait-il fallu que tu la regardes ! Le toutou n’avait rien vu venir et il avait fallu qu’il gâche la situation en vérifiant encore que la bague était là. Bien sûr qu’elle était encore là, elle n’allait pas soudainement avoir des pattes qui allaient lui pousser et s’enfuir à toutes jambes ! Ça y est ! Elle se baissait. Sett tenta de se convaincre qu’elle voulait essuyer une saleté sur ses chaussures, ou alors qu’elle avait remarqué une jolie fleur qu’elle voulait cueillir et ensuite lui offrir… Non, ça ce n’était pas possible. Finalement, peut-être que le chien n’avait pas tort… Ses fantasmes avaient tendance à ressembler à des cauchemars ces temps-ci…

Puis elle la toucha, referma ses doigts dessus. Sett se fit violence pour ne pas lui sauter dessus et lui arracher la bague des mains. L’homme rongea son frein, s’appliquant à avoir l’air totalement désintéressé. Ce qui rata tout à fait vu le fait qu’il fixait sans réussir à s’en empêcher les doigts agiles de la jeune fille qui jouaient avec sa bague. Il était hypnotisé par les mouvements qu’effectuaient l’objet et craignait qu’elle ne finisse par l’abimer… Putain de sale cabot ! Qui donc avait oublié de dresser cette sale gamine ?! Mais au vu de la conversation téléphonique de tout à l’heure, sa question n’avait même plus besoin de réponse… Franchement, plus aucune autorité parentale dans ce monde…


« Ça, c’est ce que tu crois, choupinette.»

Le ton avait été un peu moins incisif que d’habitude, même si l’habituelle moquerie s’y trouvait. Il avait moins de rogue, trop préoccupé par la présence de sa bague entre ses mains. Comme elle, il avait utilisé un surnom réputé dans le milieu amoureux, mais qui ici provoquait aussi bien que n’importe quelle insulte. Cependant, lui, au « chéri », avait un peu tiqué. La dernière fois que quelqu’un l’avait appelé ainsi remontait à très longtemps et contenait trop de souvenirs pour que cela ne le touche pas. Il cacha tout ça derrière une bouffée de tabac, masquant sans trop y parvenir une certaine nervosité à la vue de la bague toujours chez l’ennemi. Raaah ! Il n’avait plus été dans cet état depuis quelques semaines. Qu’est-ce qu’il haïssait ce genre de situation où il était en position de faiblesse…
Soudain, la louve commit une hérésie : elle passa la bague au doigt. Sett manqua de s’étrangler de fureur. Une bribe de son calme tenta de reprendre le contrôle, mais déjà un nuage primait dans sa tête, rendant tout son esprit logique confus, perdu. Levant la main, elle fit un jeu de lumière sur le bijou en argent, s’amusant certainement du fait que Sett ne parvenait pas à défaire ses yeux de l’objet. Une colère froide croissait dans l’esprit de Sett, annihilant peu à peu toute culpabilité qu’il ressentait toujours à commettre un meurtre. Pour une fois, il allait laisser la bête gouverner l’homme…


Ces paroles eurent l’effet d’un poignard. Sans qu’il ne s’en rende compte, son visage blêmit, comme luttant contre la douleur. Il aurait fait un pas qu’il aurait titubé. Des images passaient dans sa tête, brefs flashs qui lui revenaient à l’esprit à ses mots. Tania qui le regarde en riant. Le vendeur qui les conseille sur le choix des bagues. Puis la bague parfaite. Il tend la main vers celle-ci… et alors il rencontre celle de Tania qui elle aussi l’a vue. Ils se regardent. Puis rigolent de nouveau. Ils quittent le magasin, les bagues au doigt. Tania quitte sa main pour s’enfuir en courant, un sourire aux lèvres. Il la poursuit, essaye de l’attraper. Elle se tourne, le regarde… Les yeux de Tania étaient si beaux… une mer dans laquelle il aurait voulu se noyer. L’image disparaît. Tout devient noir… Une lumière s’allume, éclairant Tania couchée sur une table de métal. Une couverture blanche la recouvre. « Je suis désolé » Ça ne suffisait pas. Le détective promet de trouver le coupable, mais Sett n’écoute pas. Désolé. Il aurait dû le lui dire beaucoup plus… Tania… Je t’aime. Adieu.

Sett réagit brutalement. Il se jeta sur le clebs avec violence et la plaqua contre un arbre. Ses yeux jusqu’ici plutôt moqueurs, s’étaient faits froids et implacables. Leur couleur rouge brillait maintenant avec ferveur, comme s'ils savaient que bientôt le sang coulerait. Pourtant, Sett n’en fit pas couler une goutte, se contenant de la maintenir fermement contre l’arbre, au mépris de tous les dangers qu’il courait.

« Tu peux me traiter de tout ce que tu veux, me frapper, me mordre ou même me tuer… Mais ne parle jamais d’elle ainsi. »

Il aurait pu ajouter une menace, histoire qu’elle comprenne bien le poids de ses mots, mais ce n’était pas nécessaire. Son ton dur, ne contenant aucune ironie, aucun sarcasme, aucune moquerie, dénué de toute once de fioritures, valait toutes les menaces du monde. Il était sérieux. C’était la première fois qu’il se comportait ainsi. Mais il ne savait pas qu’à cette distance, la souffrance était si facilement lisible dans ses yeux… Sans oublier la boucle d’oreille de sa mère, autre attribut nostalgique de sa vie humaine dont elle pourrait si facilement se moquer… Puis, soudainement, il la relâcha. Et sans autre forme de procès, il prit sa main et manqua d’arracher le doigt de la jeune fille en récupérant sa bague, ne faisant preuve d’aucune douceur. Il se détourna pour enfiler la bague, présentant sans aucune peur son dos au clébard, pour enfiler le bijou. Quand il retrouva sa place à son doigt, il porta sa main à son cœur, comme si Tania et lui étaient de nouveau connectés.

« C’était avant… bien avant… Heureusement que tu ne m’as jamais vu comme ça, ma belle… Tu m’aurais tout simplement haï d'être devenu... ce monstre. » murmura-t-il imperceptiblement à la bague.

Il ne savait pas si il répondait à la fille ou pas. Probablement parlait-il juste tout seul… Mais qui savait ce qu’il se passait dans la tête d’un vampire suicidaire ? Sett finit par faire de nouveau face à la jeune fille. Il avait honte de sa réaction, mais le cacha derrière un masque impassible. Il écrasa avec son talon son mégot tombé à terre lorsqu’il avait sauté sur la louve, maugréant à voix basse sur l’incapacité des chiens de se comporter de façon logique. Finalement, il releva la tête et la regarda dans les yeux d’un regard torve et retrouvant son habituel cynisme
.

« Rentre chez toi, gamine. Et arrête de te prendre la tête avec les mecs… Au final, si tu ne te décides pas, tu le regretteras toute ta vie. » Puis, avec un geste de la main, il ajouta : « Allez, allez, du vent. C’est bientôt l’heure du dîner, ta mère va s’inquiéter… »

Et sur ce, il tourna les talons et commença à partir. Il ne pouvait pas supporter d’être en présence de cette fille qui l’avait vue se comporter de cette façon. Il avait l’impression d’avoir été mis à nu, qu’on avait violé son intimité et son espace privé… Mais peut-être voudrait-elle en finir avec la bagarre qu’il avait lui-même commencé. Après tout, les clebs n’étaient-ils pas connus pour leur impulsivité ? Mais une chose était sûre : si elle ne le retenait pas, le vampire ne reviendrait pas sur ses pas.

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MessageSujet: Re: -Yesterday- (pv. SETT)   Dim 27 Déc - 20:50

- Post à la première personne du singulier, pour varier un peu :p... ça vaut c'que ça vaut! ^^'

    La loose. Je suis certaine que vous en avez déjà entendu parler. Mais avez-vous seulement une petite idée de ce que c'est, de la subir à longueur de temps? Sans doute pas. Moi, oui. Et cette fin d'après-midi classique en est un parfait exemple. Je sors du lycée, je vais me ballader, je m'assois dans une clairière. Ce n'est pas assez d'être une louve en plus d'une jeune fille de 17 ans, il faut EN PLUS que j'attire les sangsues! Avouez-le : combien de chances sur 100 y avait-il qu'un de ces monstres perde sa bague pile-poil à l'endroit que j'avais choisi pour dessiner? Très peu, en effet.
    Voyons le bon côté de la chose -si tant est qu'il y en ait un. J'aurais pu ne pas être l'une des descendantes des Grands Sages d'Hopewell, ne jamais avoir été au courant de l'existence de ces bêtes assoiffées de sang ni du danger nous environnant, le croiser ici même, et le laisser reprendre sa bague sans même être effleurée par l'idée qu'il n'était pas humain, et il aurait tracé sa route. Ou il m'aurait tuée pour son goûter. Mais peu importe, ainsi va ma vie, hein? Ou plutôt, ''ainsi vont nos vies''... J'aurais poussé un soupir de lassitude à cette pensée, si je n'avais été si peu disposée à afficher mes états d'âme devant lui.

    Cependant, la sentation que j'avais à ce moment-là était particulière. Je n'étais plus aussi... Protégée, face à lui. Il m'est compliqué de décrire ce que j'éprouvais, alors que nos regards s'accrochaient sans cesse, tantôt haineux, tantôt aggressif. Il semblait lire en moi, et cela m'effrayait, bien que j'étais à mille lieux de l'admettre. Je me sentais nue ; il m'avait décryptée si facilement. Et moi qui pensais être plutôt complexe, quelle prétention!
    Ce devait être une sorte de don. Quelle autre explication au fait qu'il ait touché mes sentiments si justement, et ce simplement en se basant sur un dessin? Parallèlement, il me parraissait si prévisible, si... Compréhensible. Malgré cela, je me refusais encore et toujours à éprouver quoique ce soit pour lui, excepté une haine inconditionnelle. Pas de compassion. Pas de pitié.

    « Choupinette ». Je manquais de m'étouffer, et fit mine de vomir à cette appellation. A croire que nous étions tous les deux plutôt calés dans le maniement du cynisme et dans la provocation pure. Ma mère m'avait toujours blâmé pour ce comportement soit-disant rebelle et frondeur. Mais quoi de plus appréciable que ce genre de joute verbale? Surtout si l'opposant est de taille. Autre chose que l'on m'avait déjà reproché : mon inconscience face à ces grandes bê-bêtes de vampires. Mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Face à eux, mon imprudence habituelle se transformait en bétise incontrolable, voire en tendance suicidaire. C'est d'ailleurs sûrement ce qui m'amena à enfiler cette bague, devant lui. Le pousser dans ses derniers retranchements. Voir jusqu'où il pouvait aller. Jusqu'où MOI, j'étais capable d'aller. Je ne compris que j'avais dépasser les bornes qu'à l'instant où il se jeta contre moi. Le coup fut violent, et j'en fus sonnée une seconde.
    Il me maintenait d'une poigne de fer, le dos collé à l'arbre contre lequel je m'étais appuyée plus tôt dans l'après-midi. Il faisait à présent sombre, notons qu'en plus, nous étions au milieu de la forêt, mais son visage n'était qu'à quelques centimètres de moi. Je distinguais chacun de ses traits fins, l'éclat de ses pupilles cramoisies, et son irrespirable parfum de buveur de sang -qui anihilait presque totalement l'odeur du tabac- était devenu entêtant.


    « Tu peux me traiter de tout ce que tu veux, me frapper, me mordre ou même me tuer… Mais ne parle jamais d’elle ainsi. »

    Je tremblais, il devait le sentir, la distance séparant nos deux corps était trop faible pour qu'il en aille autrement. Mais ça n'était pas de peur. Non, pour la première fois depuis longtemps, il était en train de me faire perdre le contrôle. Mes membres frémissaient, indépendamment de ma volonté. J'étais sur le point de me transformer. Mais cela aurait été trop lourd de conséquence. A l'heure qu'il était, ma mère avait sans doute harcelé Chris, April, ou même Chad pour qu'ils se transforment et attendent de sentir ma présence. J'aurais alors à m'expliquer sur le pourquoi du comment je me trouvais en si dangereuse compagnie. Et c'était définitivement la dernière chose que je voulais, d'autant plus que le grand monstre ne semblait pas disposé à me blesser sérieusement.
    Son regard était vide, il semblait... Si froid, et pourtant si blessé. Je compris que j'avais touché un point sensible. Un amour que même sa transformation en vampire – car avant même sa réponse, j'avais compris que cette histoire datait d'avant sa... mort- n'avait pu altérer. Un amour digne d'un roman à l'eau de rose. L'idée me fit ricaner intérieurement ; j'imaginais tellement bien la scène. Moi, loup-garou de mon état, écrivant une épique histoire d'amour entre une défunte humaine et un sang-froid. Je n'avais plus à chercher l'inspiration ailleurs !... Quelle ironie. Cela m'aida à me calmer. De plus, j'étais trop attachée au tee-shirt que je portais pour risquer de le déchirer en me métamorphosant.

    Il me relacha de son emprise -que j'avais bien voulu subir, il faut pas croire!- aussi soudainement que lorsqu'il s'était jeté sur moi, et récuperra son bien, si violemment qu'il manqua de gagner un finger au passage. Je frictionnais mon doigt endoroli et le regardais, ébahie, se détourner pour remettre le bijou à son doigt. Etait-il incroyablement inconscient ou simplement stupide? Suicidaire, peut-être? J'optais pour un mix des trois. Car il fallait être plus qu'idiot pour tourner le dos à une louve que l'on vient d'attaquer. Ou alors, cela faisait partie du plan. Je restais sur mes gardes.


    « C’était avant… bien avant… Heureusement que tu ne m’as jamais vu comme ça, ma belle… Tu m’aurais tout simplement haï d'être devenu... ce monstre. »

    Je tiquais à ses mots. S'adressait-il à moi? Mes yeux sortaient sans aucun doute de leurs orbites, car je n'en revenais pas. Ca, plus le tabac, plus... La boucle d'oreille! Ce mec-là portait une boucle d'oreille. Je trouvais déjà l'idée très kitch sur un homme, alors sur un vampire! Il n'était définitivement pas comme les autres. Il finit par se retourner vers moi.

    « Rentre chez toi, gamine. Et arrête de te prendre la tête avec les mecs… Au final, si tu ne te décides pas, tu le regretteras toute ta vie. Allez, allez, du vent. C’est bientôt l’heure du dîner, ta mère va s’inquiéter… »

    Une fois encore, il tourna les talons, et s'éloigna à travers la clairière. Son attitude était tellement destabilisante que je ne réagis pas immédiatement. J'aurais du le tuer. Il était quasiment à ma merci, pleurnichant sur son sort, et chuchotant des mots d'amour à sa bien-aimée disparue. Je n'avais qu'à me transformer, lui arracher la tête tant qu'il ne me faisait pas face, et le décortiquer comme je savais si bien le faire. Ce serait un jeu d'enfant, du gâteau, après ce que j'avais fait subir à celui qui avait vidé mon grand-père de son sang. Mais je ne le fis pas.
    Une force inconnue me retint. Mon ''ça'' freudien venait de faire des siennes, car je suppose qu'inconsciemment, je savais qu'il avait beaucoup de choses à m'apprendre. Sur lui et ses petits amis de vampires, mais aussi sur moi.


    « Attends. »

    Il avait fait trois pas, et s'arrêta. Masochiste, vous dites? Je m'avancais, et j'entrepris de faire les cent pas, en cercle autour de lui, toujours impassible.

    « Primo, tu n'as aucun droit d'évoquer ma mère. Deuxio, mes histoires de coeur, de cul, ou plus généralement ''de mecs'', comme tu dis, ne te regarde absolument pas. Tercio, je pourrais te tuer ne serait-ce que pour m'avoir adressé la parole. Ou toi, tu aurais pu me tuer. Et tu le sais. Alors, quoi? C'est quoi, ton problème? »

    En réalité, dans l'histoire, c'était moi la plus stupide. Ou téméraire. Ou les deux. Je n'avais pas pu me résoudre à le laisser partir comme ça. Et une fois qu'on me lançait dans les questions, on ne m'arrêtait plus... Je finis par déballer tout ce que je contenais.

    « Oh, et puis merde! Depuis quand les gens comme toi se lamentent sur une bague et leur amour perdu, fument, et ont les oreilles percées?!... Et d'abord, t'es qui? »
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MessageSujet: Re: -Yesterday- (pv. SETT)   Jeu 31 Déc - 19:49

La bête. C’est ainsi que Sett surnommait cette partie de lui-même qui ne lui obéissait pas, vivant dans les tréfonds sombres de son esprit, inatteignable et pourtant toujours là… Présent. Attendant son heure… Qui était-elle ? Il ne le savait pas. Sett ne connaissait que sa séduisante et hypnotique voix qui lui murmurait mille et une tentations à l’oreille, dans l’espoir qu’il accepte un jour l’une d’entre elles. Mais Sett était têtu, c’était même l’une de ses seules et rares qualités. Alors il ne lui disait rien, ignorait son discours enjôleur et se murait dans un silence buté. Il faisait tout pour distraire ses pensées de la bête, imaginant des histoires, ou même les laissant tourbillonner dans un trou noir d’inconscience… Mais la bête avait plus d’une flèche à son arc. Elle avait des besoins, besoins que Sett était tenu de remplir. Et comme il s’en montrait souvent incapable, elle s’en chargeait à sa place. Et alors le sang coulait…
Depuis qu’il était un vampire, Sett avait appris à vivre avec. Mais il prenait garde maintenant à ne plus jamais laisser la bête le contrôler. Il se laissait mourir de faim le plus longtemps possible, puis finalement se laissait aller à sa faim et massacrait le premier venu. Dit ainsi, cela pouvait sembler cruel. Pourtant, ce serait pire s’il ne le faisait pas. Et Sett avait encore le malheur de tenir au reste d’humanité qui lui restait. Et ainsi, la bête disparut. Enfin, il l’avait cru jusqu’à aujourd’hui.

Il reconnaissait sa signature. Cette violence… Cette agressivité… Ce n’était pas lui. Ou pas totalement. Jamais ça ne lui aurait été arrivé durant sa vie humaine. Jamais il ne se serait jeté contre quelqu’un. À la limite, il aurait foutu un bon coup poing dans sa petite gueule, mais cette proximité menaçante, cette voix implacable… Non. Pas du tout son style. Le vampire ne sortit de sa transe qu’en sentant le corps tremblant de la fille qui le touchait de temps en temps vu la proximité qui les séparait. Un regard vers le toutou le convainquit que ce n’était pas de frayeur : elle avait déjà un regard d’animal prêt à frapper, contemplant devant elle sa prochaine proie. Mais lui, il s’en foutait. Après tout, elle l’avait bien cherché, non ? Et puis si elle voulait le tuer, quelle le fasse ! Il n’avait rien à demander à cette foutue vie de merde. Elle ne lui servait à rien, alors pourquoi ne pas lui faire plaisir en s’offrant en sacrifice à ses dents pointues de louve ? Mmh… Pas sûr que celle-ci l’apprécie à sa juste valeur. Sett était même certain d’avoir un très mauvais goût.

Une fois en possession de sa bague, Sett lui tourna le dos. Et devinez quoi ? Si Sett avait pu entendre les pensées de la louve, il l’aurait approuvée. C’était effectivement un mix d’inconscience, de suicide et de stupidité. Même si la stupidité était l’ingrédient de base. Il n’y avait aucune tactique là derrière. C’était juste l’enchaînement logique –rien que pour lui, ça va de soi- de ses derniers événements. Pour lui, enfiler sa bague était aussi intime et indécent qu’enfiler sa culotte ou son caleçon. Il ne se voyait même pas le faire devant quelqu’un, ça lui semblait tellement impie, tellement grossier… C’était difficile à expliquer. Remarquez… ce ne serait pas la première chose qui serait compliquée chez Sett…

Après son discours, Sett s’enfuit. Enfin, ce n’était pas vraiment de la fuite. Disons, une retraite stratégique après avoir obtenu ce qu’il voulait. Il n’avait plus aucune envie d’avoir affaire à cette fille. À cette personne qui avait su lire si aisément en lui… Lui qui s’était toujours cru secret, mystérieux, pourquoi une simple fille –un clébard de surcroît !- n’avait eu qu’à le regarder pour déballer tous ses sentiments les plus impénétrables, enfouis le plus profondément possible en lui pour ne jamais être découverts ?! Il n’y avait vraiment aucune justice en ce bas-monde. Jamais Sett n’aurait cru que le clebs pensa exactement la même chose de lui quelques instants auparavant alors qu’il avait si facilement déchiffré ses peines de cœur. S’il avait su, nul doute qu’il aurait éclaté de rire. Ironie quand tu nous tiens !

Quand elle lui ordonna de s’arrêta, son corps lui obéit. Il avait agi instinctivement, inconsciemment, trop occupé à se torturer mentalement pour vraiment réfléchir. Pour une fois que ça aurait pu être utile… Mais Sett ne se retourna pas, lui présentant toujours son dos qui lui semblait être d’une rassurante neutralité. Le vampire profita des quelques secondes qu’il fallut à la louve pour arriver à lui faire face pour se recomposer un visage de circonstance : c’est-à-dire fouteur de gueule. Idéal pour s’en sortir… ou pas. Était-elle elle aussi nerveuse ? Ou alors était-ce une habitude canine que de tourner autour de son adversaire ? Sûrement un peu des deux. Cette rencontre, qui n’aurait jamais dû se produire à son humble avis, l’avait certainement autant touchée que lui. Normal, vu leurs deux personnalités, leur affrontement avait provoqué des étincelles qui avaient mis le feu à quelque chose de bien dangereux… Jusqu’où, cependant, ce feu irait-il ? Et malheureusement pour eux, il n’existait aucun pompier au monde qui pourrait éteindre un tel incendie.

Sett resta baba devant le monologue de la fille. Il dit monologue, car même s’il l’avait voulu, Sett n’aurait jamais pu en placer une dans tout ce fouillis de paroles. Incapable de parler, il sentit malgré lui un sourire naître sur ses lèvres. Quelle étonnante créature ? Tous les chiens avaient-ils un tel bagou ? Eh ben… Heureusement qu’il n’en rencontrait qu’un à la fois, sinon, il devrait vite dire adieu à ses pauvres oreilles… Diable qu’est-ce qu’elle parlait vite en plus ! Sett loua son ouïe vampirique, capable de tenir le coup face à cette surprenante logorrhée… En l’écoutant parler, elle lui donnait l’impression d’un train lancé sur les voies, impossible à arrêter… Et pour une fois, Sett n’avait pas envie d’être l’idiot qui se risquerait à le faire... Quoique…


« Qui suis-je… ? Mais tu l’as dit toi-même, ma chère… Je suis tout simplement un monstre. »

Sa voix avait été teintée d’une douceur amère. On sentait, par ce sarcasme –parce que c’en était un, n’oubliez pas que c’est Sett qui parle-, une sincérité blessante. Il croyait à ce qu’il disait. Pour lui, c’était une vraie réponse à la question que venait de poser la jeune fille. Même si elle ne se contenterait jamais de cela. Mais le vampire n’avait pas fini non plus. Suivant l’exemple de la belle sentant le chien mouillé, il débita avec son éternel air provocateur ses réponses :

« Alors, primo j’ai le droit de parler de qui je veux. Deuxio, pitié, je n’ai aucune envie de connaître tes histoires de cul, épargne-moi au moins ça ; mais quand on rencontre quelqu’un qui s’y connait, mieux vaut écouter ses conseils. Tertio, si je devais tuer toutes les personnes qui m’adressent la parole, ce serait l’hécatombe… De plus, je tiens à ce tee-shirt… »

Sett avait retrouvé sa parfaite maîtrise de lui-même. Il ne cilla pas une seule fois durant son discours qui lui-même n’avait pas perdu de son venin. Mais si le vampire avait été si acerbe, c’est parce qu’il savait que la jeune fille pouvait l’être tout autant que lui. Et c’est parce que maintenant le temps du jeu venait d’arriver qu’il se préparait à la plus drôle des joutes oratoires… Néanmoins, il avait bien fait attention de ne répondre qu'à moitié à la plus importante des questions qu'elle lui avait posées : qui était-il. Et c'est dans cette idée qu'il poursuivit :

« Mais si tu ne tien plus à m’appeler monstre, ou buveur de sang, ou Dracula… Tu peux toujours m’appeler par mon prénom, Sett. Quoique, j’aimais assez bien le « chéri »… »

Il avait l’air de bien s’amuser pour quelqu’un qui venait de pleurnicher comme une chiffe molle sur sa bague. Mais c’était bien Sett, ça. Mettre de côté le plus important juste pour s’amuser. D’ailleurs, le sourire mutin sur son visage témoignait exactement de son état d’esprit du moment. C’était vraiment une honte de s’éclater de cette façon, mais c’était déjà mieux que rien.

« Et toi, petite louveteau ? Saurais-tu me dire qui tu es ? »

La façon dont il l’avait demandé, était équivoque. Comme s’il parlait de quelque chose de plus profond qu’un nom ou qu’une identité… Question rhétorique ? Qui sait. Sett était bien trop joueur pour vouloir l’expliciter clairement. Il préférait voir comment elle se débrouillerait.

The new game begins…

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Andy Connor

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MessageSujet: Re: -Yesterday- (pv. SETT)   Ven 22 Jan - 23:23

    Le prénommé Sett n’avait pas terminé de parler que les premières véritables gouttes de ce qui n’allait pas tarder à être le déluge prévu par Andy commencèrent à tomber. Pas plus surprise que ça, elle se contenta de regrouper ses cheveux auburn en un chignon déstructuré, laissant quelques mèches des chaque côtés de son visage. Ainsi, même si elle se prenait la saucée, ils ne seraient pas tout dégoulinants.
    Elle retourna près de sa besace, enfila sa veste en cuir, plus pour la forme que pour autre chose, tout en prêtant attention à ce que lui disait le vampire. Cependant, l’atmosphère avait changé. Ce n’était plus vraiment la Louve et le Monstre, mais plus Andy et Sett, se tournant autour, encore méfiants mais bien plus moqueurs et intrigués l’un par l’autre.
    La jeune femme avait été on ne peut plus surprise qu’il s’arrête à son injonction. Mais elle fut d’autant plus déstabilisée qu’il entreprit de répondre à toutes les questions qu’elle venait de lâcher dans un flux ininterrompu de parole.

    « Je suis tout simplement un monstre. »

    La phrase la plus étrange qu’un vampire ne lui ait jamais dite. Que personne ne lui ait jamais dite, en fait. Non que les propos soient excentriques en eux-mêmes, mais plutôt la sincérité désarçonnant avec laquelle il avait prononcé ces mots. Il semblait vraiment croire à ce qu’il disait, et même se dégouter.
    Andy eut envie de pousser un juron au moment où elle réalisa ce qu’elle commençait à ressentir : ce sale suceur de sang venait de l’attendrir, ou en tout cas, de la toucher.

    *T’es vraiment trop sensible, ma pauvre Andy* ne put-elle s’empêcher de penser.

    Mais elle était ainsi faite, adorablement attachante, et attentive aux autres. Jusqu’à ce soir-là cependant, elle pensait sa douceur et sensibilité réservées aux Hommes.
    Elle remonta la fermeture éclair de son blouson, et se baissa à nouveau. Elle extirpa un paquet de cigarettes de son sac, l’ouvrit, en sortit une ainsi qu’un briquet vert pomme. Elle lâcha le paquet négligemment et se remit droite. Plaçant la clope entre ses deux lèvres, elle en protégea l’extrémité d’une main, l’autre servit à allumer le briquet. Une fois l’allumage effectif, elle fit glisser le briquet dans la poche de son jeans.
    Andy décida d’ignorer la tirade que le sang-froid récita –en réponse à la sienne- alors qu’elle aspirait les premières bouffées de tabac.
    La seule chose qui retint son attention, si l’on peut dire cela comme ça, fut la fin : « De plus, je tiens à ce tee-shirt. »

    Cela la fit tilter. Elle avait pensé la même chose quelques minutes plus tôt, alors qu’elle se contenait afin de ne pas muter. Entendait-il ses pensées ? Une sorte de don de télépathie ? Cela expliquerait la façon précise dont il avait décrit ses sentiments… Elle haussa un sourcil, perplexe. Une question de plus à ajouter à sa liste. Après ‘’quel mode de nutrition étrange et si peu satisfaisant suis-tu donc ?’’, le ‘’c’est quoi ce pouvoir bizarre d’acuité sentimentale ?’’. Ils n’étaient pas couchés !
    Cependant, elle ne laisse rien transparaître de tout ça, se contentant d’un petit rire goguenard.

    « Ah, oui, je comprends, c’est pas tous les jours qu’un vampire peut se procurer un tee-shirt de donneur sanguin, hein ? »

    Elle marqua une pause, le laissa terminer. La pluie avait déjà gagné en intensité, dégoulinant jusqu’au bout de son nez, le long de sa nuque, et mouillant ses cheveux. Les joies de Renton Valley ! Heureusement que sa température intérieure était bien plus élevée que la moyenne, autrement elle aurait été frigorifiée depuis un moment, habillée comme elle l’était.
    L’odeur du bois, intensifiée par l’humidité, finit par prendre le dessus sur celle dudit Sett, qui se tenait à plusieurs pas d’elle. Le bruit des gouttes d’eau sur les feuilles, familier, l’apaisa également.

    « Sett, tu dis ? C’est marrant, je t’aurais plutôt donné un prénom old-school. Genre Oliver, Mike, ou Georges. Truc du style. Mais après tout, Dieu seul sait de quelle époque tu viens… » ajouta-t-elle avec sarcasme.

    « Et toi, petite louveteau ? Saurais-tu me dire qui tu es ? »

    Cette fois, Andy ne leva pas un, mais deux sourcils. Etait-il bel et bien en train de lui refaire le coup de la psychanalyse ? Elle l’observa un instant, silencieuse sous une pluie qui se faisait torrentielle. Elle ne se fit pas de souci : quand bien même elle en deviendrait assourdissante, elle se savait –et le savait, lui aussi- douée de capacités auditives surdéveloppées.

    « Je m’appelle Andy. Mais tu sais déjà le reste, non ? C’est toi l’empathique, mon gros. »

    Elle lui adressa un sourire entendu.
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Sett

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MessageSujet: Re: -Yesterday- (pv. SETT)   Dim 24 Jan - 18:49

La pluie. Une goutte tomba sur sa joue, traçant son parcours comme une larme. Inconscient de son geste, Sett se toucha la joue. Était-ce lui qui avait pleuré ? Non, il en était presque certain. Mais de quoi pouvait-il être certain après les derniers événements ? S’était-il déjà attendu à être si fragile devant son prédateur naturel ? De même laisser ses émotions prendre le dessus devant une quelconque personne ? Nan. Croyez-le, cela ne lui était jamais venu à l’esprit –je me demande même quel genre d’esprit détraqué peut imaginer ça. Mais quand une autre goutte, puis une autre et finalement toutes leurs autres copines s’écrasèrent sur lui, Sett sut que ce n’était pas lui qui avait failli. Pour une fois, il loua l’exécrable météo du coin.

Elle s’habilla un peu plus chaudement, bien qu’ils sachent tous les deux pertinemment que ça ne lui était de plus aucune utilité. Il la regardait faire alors qu’il déblatérait tout son petit discours pour introduire sa… retraite. La louve avait fini par s’attacher les cheveux, certainement dans l’espoir vain qu’ils ne soient pas trop mouillés. De son côté, Sett n’avait besoin d’aucun artifice : il n’avait pas froid et ne se préoccupait pas de ses cheveux mouillés vu la longueur de ceux-ci. Comme quoi être un homme et un vampire présentait ses avantages, même si cela avait aussi de nombreux défauts… Il chassa tout de suite cette pensée. On aurait presque dit qu’il louait cette condition qu’il haïssait. Et puis, Sett le maniaco-dépressif de ses dames n’allait pas soudainement devenir optimiste ! Mais où irait le monde ?!

Quand il entreprit de répondre à sa logorrhée, elle eut l’air surprise. Ben quoi ? Si elle lui avait lancé toutes ces questions, c’était bien pour qu’il y réponde, non ? Ces adolescentes… Ça devenait de plus en plus difficiles de les comprendre… Ou alors était-ce inhérent à la condition de loup de la jeune fille ? Bien possible, il n’avait jamais rencontré relations plus complexes que celles qu’il avait pu observer grâce à son don parmi la meute de loups de Renton Valley. Ils étaient si proches… et pourtant ne partageait en soi aucun véritable lien. C’était difficile à expliquer pour quelqu’un qui ne pouvait pas voir ce que Sett voyait. Les membres de la meute se connaissaient parce qu’ils partageaient la même expérience, à la limite de partager les mêmes pensées… Et pourtant, c’était comme si ce qui les unissait était… artificiel. Ils avaient deux choses qui les reliaient… et l’une de ces deux ressemblait plus à une chaîne qu’à un véritable lien délibéré. L’homme qu’il était, si curieux sur els relations des autres, éprouvaient une fascination maladive devant ce tableau si complexe. Cela titillait ses sens agréablement. Était-ce sa façon à lui de vivre ? Sûrement. Sett semblait à jamais voué à vivre par procuration…

Elle l’écoutait de la même façon stoïque qu’il l’avait écoutée. Cependant, il considéra cela comme une amélioration par rapport à tout à l’heure où elle se serait probablement jetée sur lui pour le déchiqueter en petits morceaux… dans le meilleur des cas. Mais alors que Sett parlait, elle sortit son paquet de cigarettes et s’en servit une qu’elle alluma à l’aide d’un briquet. Les premières bouffées qu’elle exhala rappela à Sett la désespérante absence de tout brin de nicotine à ses lèvres. Cependant, elle eut l’air de n’avoir aucune envie de faire des remarques à son monologue, à se demander si finalement elle apportait un tant soit peu d’attention à ce qu’il racontait. Probablement pas. Bah il s’en foutait de toute façon. Qu’elle écoute ou pas ses réponses, il ne les dirait pas deux fois et si elle avait tellement envie de lui poser des questions, il prendrait un soin tout particulier à ignorer celles auxquelles il aurait déjà pu répondre. Na ! Puérile attitude… Mais qu’est-ce que ça faisait du bien !

Ce ne fut qu’à la fin qu’elle se permit de faire un commentaire. Camouflant les autres pensées qu’elle pouvait avoir derrière un sourire sarcastique, Sett imita la technique qu’utilisait la jeune louve. Et bien oui, il aimait bien ce tee-shirt. Il avait dû jouer de sa ruse et de son agilité pour le piquer dans le camion de don du sang. En plus, il le trouvait super classe… Chacun ses goûts, n’est-ce pas ? Mais à vrai dire ce qu’il préférait était le message qu’il pouvait envoyer aux initiés de la vie vampirique. Un mélange de « je me fous de ce que je suis », « rien à battre des conventions » et de « fais gaffe, humour dangereux à tribord ». Généralement, ça fonctionnait plutôt bien pour faire fuir la moyenne. Le sourire qu’il lui envoya comme réponse suffisait suffisamment à transmettre cette impression pour qu’une personne subtile comme la jeune fille parvienne à la déchiffrer.

Il finit par se présenter. Comme toujours, il se sentit devenir plus vulnérable après lui avoir donné cette information sur lui. Plus fragile… Et cette impression était renforcée par le fait qu’elle avait déjà su si facilement lire en lui tout à l’heure. Sett craignit un instant qu’elle ne lui déballe toutes ses pensées les plus intimes, avant de se rappeler que seuls les vampires possédaient ce genre de dons… n’est-ce pas ? La réponse ne tarda pas à fuser. Ok, on se foutait encore de sa gueule ? Pas de problème, le vampire devait avouer qu’il adorait ça. Ce genre de joute oratoire le ravissait, surtout quand on avait affaire à un esprit vif et possédant un excellent sens de la répartie comme la louve. Histoire de rester dans la course, Sett fit un petit sourire en coin, et répondit à la provocation de la jeune fille par une nouvelle :


« Je ne crois pas qu’un gros vicelard comme Dieu en ait quelque chose à foutre… »

De cette phrase on pouvait conclure beaucoup de choses. D’abord, que Dieu n’était pas du tout dans le cœur de Sett. Heureusement pour lui d’ailleurs, sinon il ne quitterait jamais le confessionnal et de nombreux prêtres seraient devenus complètement fous. En second lieu… que Sett n’était pas prêt de dire l’âge qu’il avait. Pire qu’une femme celui-là.
Enchaînant finalement par sa question aussi terre-à-terre que rhétorique, Sett la regarda avec des yeux de défi. Quand il entendit sa réponse, il cacha son sourire derrière un geste pour aller chercher le paquet de cigarettes dans son jeans. Tout en en prenant une, et la mettant à sa bouche, il s’empara de son briquet d’un discret noir et réussit par on ne sait quel miracle à allumer sa cigarette du premier coup malgré la pluie abondante.


« Andy… Tu aimerais que ce soit le cas, n’est-ce pas… ‘Vaudrait mieux que je sois empathique que toi tu sois si facile à déchiffrer… »

Il relâcha un nuage de fumée puis regarda la fille d’un air railleur. Il plaisantait. Certes, pas gentiment, mais tout de même. On sentait son envie de jouer sous-jacente, cachée derrière ses paroles. Il marqua une courte pause durant laquelle il laissa la musique de la pluie parler pour lui. Mais bien vite il reprit la parole, sans laisser l’occasion à Andy d’en placer une.

« Disons… que je comprends mieux que les autres ce qui unit les gens entre eux. »

Un comble pour l’asocial qu’il était devenu, non ? Il avait légèrement baissé la tête, de telle façon à ce que sa cigarette ne soit pas touchée par la pluie, ce qui renforçait le mystère que venait de susciter sa dernière phrase. En disait-il assez ? En avait-il dit de trop ? Ou alors ses paroles avaient suffi à étancher la curiosité du louveteau ? Vu la propension qu’elle avait eue à déballer toutes les questions qui lui étaient passées par la tête, lors de son pétage de plomb de tout à l’heure, Sett avait le droit tout à fait légitime d’en douter. En parlant de curiosité, il se permit de laisser libre cours à la sienne qui le taraudait depuis tout à l’heure :

« D’ailleurs, vous, les loups, êtes des cas tout simplement… fascinants. » dit-il avec une pointe de moquerie.

Il fallait dire qu’Andy avait de quoi lui offrir avec son triangle amoureux doublé de ses relations avec les membres de la meute. En fait, rien qu’en sentant les liens qui l’unissaient aux gens autour d’une personne, Sett était capable de raconter l’histoire de celle-ci. Oui, il y avait certaines imprécisions, mais dans les grandes lignes, il pouvait dire à travers quoi les gens étaient passés. Et de ce côté-là, les loups en avaient généralement bavé. Était-ce la raison pour laquelle il était si compliqué de les comprendre eux et ce qui les reliait ? Certainement. C’était sans doute l’une des premières fois où Sett se considérait moins complexe que quelqu’un d’autre…

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